À propos

Créé en 2008, le Prix Levallois est un tremplin pour la jeune création photographique internationale. Il récompense depuis dix ans des photographes de moins de 35 ans représentant une vraie diversité de cet art. Une liberté de ton et d’expression — le Prix n’impose ni thème ni format, seule la qualité de l’écriture compte dans la sélection des artistes — qui contribue à séduire de nombreux jeunes photographes dont les démarches s’affranchissent de tout clivage artistique.
 
Chaque année, quinze nominés sont sélectionnés par les directeurs artistiques. Leurs dossiers sont présentés et défendus en toute impartialité et bienveillance devant un jury afin d’élire le Lauréat et sa Mention Spéciale. Le jury est composé de cinq membres : quatre acteurs du monde de la photographie et l’Adjoint à la Culture de la ville de Levallois. Le Prix du Public est décerné suite à un vote en ligne qui donne la parole à tous les amateurs de photographie.

Les photographes primés seront accompagnés par les commissaires d’exposition pour les aider à finaliser leur projet. L’enjeu sera de révéler les qualités plastiques, l’intelligence et la sensibilité de leur proposition.
Les photographies des trois auteurs récompensés seront présentées lors d’une exposition à la Galerie l’Escale de Levallois, en octobre-novembre.
Le Lauréat reçoit une dotation de 10 000 euros et la Mention Spéciale un boîtier numérique.

 

IIII Le parrain de l'édition 2019 : Rip Hopkins

Photographe anglais né en 1972, Rip Hopkins est le parrain du Prix Levallois 2019 et sera membre du jury. Il remettra le Prix aux Lauréat(e)s pendant les Rencontres d’Arles en juillet 2019 et sera présent au vernissage de l'exposition à la Galerie de l'Escale en octobre 2019. 

Fin analyste du monde contemporain, il est un bel exemple de cette génération qui a su trouver de nouvelles formes à son questionnement. « Rip Hopkins semble de prime abord “inclassable”, échappe aux catégories artistiques habituelles, et surprend par l’hétérogénéité de son parcours comme de ses images. [...] À la frontière du documentaire et de la fiction, du réalisme et du point de vue subjectif, Rip Hopkins entremêle subtilement le témoignage à des préoccupations d’ordre plastique (lumières, couleurs, lignes, mise en résonance de motifs), sans se priver de quelques détours du côté de l’humour ou de l’incongru. [...] Photographier relève ici, aux sens artistique et humain, d’une rencontre.»
Jean-Emmanuel Denave, Identité(s) 08, Lyon Septembre de la photographie, Milan, Silvana Editoriale, 2008
 

IIII Exposition Les lauréats 2019

L’exposition présentée à la Galerie l’Escale de Levallois du 4 octobre au 23 novembre 2019 présentera le travail des trois photographes primés.

Le vernissage et la remise des Prix auront lieu jeudi 3 octobre à partir de 19 h en présence du parrain Rip Hopkins, des lauréats, et des membres du jury.
Le Lauréat recevra une dotation de 10 000 euros et la Mention Spéciale un un boîtier numérique OM-D E-M10 Mark III.

 

IIII Les mots des directeurs artistiques à propos de l'édition 2019

"Le Prix Levallois 2019 confirme son statut international : 670 candidats issus de 77 nationalités (France 278, Russie 68, Iran 50, Italie 21…) avec une parité presque parfaite ! Après la vision de plus de 10 000 photographies, nous avons choisi 15 photographes (8 femmes, 7 hommes). Ils viennent de différents pays : la France (3), la Russie (3), l’Italie (2), l’Iran (2), l’Inde (1), le Mexique (1), le Costa Rica (1), la Belgique (1) et le Royaume-Uni (1).
Comme pour la sélection 2018, nous avons été très attentifs à respecter les grandes tendances des dossiers reçus. Ce nouveau cru confirme la domination du documentaire avec parfois le sentiment que seul le sujet compte — comme si celui-ci se suffisait à lui-même ! Mais aussi beaucoup de portraits et d’autoportraits, de natures mortes, de paysages, de corps dans la nature, de sujets environnementaux et la présence toujours forte du noir et blanc.
Pour nous la photographie est une écriture du monde, mais pas l’enregistrement anecdotique de celui-ci. Notre choix s’est appliqué à retenir les candidats qui ne cèdent pas à la tentation de l'imagerie et qui proposent de réels enjeux photographiques, autant dans l’engagement et la réflexion des sujets abordés que dans la qualité des écritures conceptuelles et plastiques.
À votre tour de découvrir cette sélection que l'on espère qualitative et roborative !"

Catherine Dérioz et Jacques Damez - Galerie Le Réverbère 

 

 

IIII Prix Levallois, 10 ans ! Une collection photographique

"Le Prix Levallois fête sa première décennie. Je me souviens très précisément de ma rencontre avec Paul Frèches, commissaire du Festival Photo Levallois. Je venais de lui proposer de reprendre la mission confiée à Mark Grosset, déjà très malade et qui devait décéder au mois d’août suivant. Paul m’expliqua que pour « booster » le Festival, il fallait créer un Prix. La vocation initiale du Festival étant de présenter de jeunes photographes émergents, c’est ainsi qu’est né le Prix Levallois ouvert à cette génération d’artistes, peu ou pas connus des grandes institutions culturelles, des collectionneurs et du grand public.
Ainsi, depuis dix ans, le Prix Levallois récompense des photographes de moins de 35 ans représentant une liberté de ton et une vraie diversité de cet art, la photographie contemporaine étant un immense laboratoire d’exploration et de créativité. Chaque année, quinze nominés sont sélectionnés par les directeurs artistiques. Leurs dossiers sont présentés et défendus en toute impartialité et bienveillance devant un jury afin d’élire le lauréat du Prix Levallois qui recevra une dotation de 10 000 euros, ainsi qu’une Mention Spéciale qui se verra offrir un boîtier numérique. Quant à tous les amateurs de photographie, ils ne sont pas en reste puisqu’ils peuvent choisir, en votant en ligne, pour leur photographe « coup de coeur », le plus plébiscité devenant alors le Prix du Public. Le Prix Levallois est un moment de découverte et une première reconnaissance pour les artistes. Nous misons sur le long terme.
C’est avec le recul que donnent le temps et la continuité que le Prix prend sa valeur et je me réjouis aujourd’hui de constater que le Prix Levallois est devenu une référence en matière de jeune création photographique internationale. Je remercie tous ceux qui ont partagé avec nous cette aventure : Paul Frèches, Fannie Escoulen, Catherine Dérioz et Jacques Damez de la galerie Le Réverbère qui ont repris le flambeau et ces milliers de jeunes photographes qui nous ont fait confiance. Enfin un merci tout spécial à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, à sa présidente, Delphine Ernotte, et à son directeur, Rémy Fenzy, pour leur accueil et leur soutien."

Stéphane Decreps - Adjoint au Maire délégué à la Culture de la Ville de Levallois 

 

IIII Les mots des directeurs artistiques à propos de la collection photographique

"Il y a dix ans le Prix Levallois naissait dans la tête d’une poignée de personnes, qui par leur intérêt partagé ressentait l’impérieuse nécessité de créer un évènement pour promouvoir la photographie et ceux qui la produisent. Rappelons que le 22 mai 1902 naissait le Photo-Club de Levallois et qu’il existe toujours ! Cet ancrage historique a sans aucun doute favorisé un terreau culturel propice à la photographie. N’oublions pas également l’importance de l’école de photographie ICART et de son directeur Mark Grosset qui, avec Stéphane Decreps — l’adjoint à la Culture de la ville de Levallois — ont donné corps et âme à ce Prix.

Bien sûr comme toute aventure, celle-ci n’imaginait pas sa pérennité, elle pariait sur son avenir. Il fallait avant tout organiser et penser un cadre, conceptualiser les enjeux, définir les règles. C’est ainsi que tout a commencé.
Dès la première année, des photographies du lauréat intègrent les collections de la ville. Dix ans plus tard, un ensemble représentatif est là et dessine le profil de ce Prix. Il y a plusieurs périodes durant cette décennie, dues à deux personnalités différentes responsables de la direction artistique (Paul Frèches 2008-2014, Fannie Escoulen 2015-2017).
Cela souligne qu’une collection est toujours en mouvement, qu’elle n’est pas une simple chronologie, ni une thématique inerte, mais un processus traversé par des subjectivités qui se succèdent et l’enrichissent.

Sous le même mot sont traités plusieurs modèles qui pourtant n’ont souvent pas beaucoup de choses en commun. Les collections publiques, privées, d’entreprises n’ont de comparable que le fait de conserver un ensemble d’objets pour créer un corpus. Leur but, leur public, les pulsions qui les constituent peuvent être aux antipodes. Le fait que les collections publiques en France soient inaliénables change déjà absolument la donne en comparaison des autres collections.
D’autre part, on sait à quel point la reconnaissance d’une œuvre est de plus en plus due à la versatilité du marché. Faire collection est un vaste projet : par le regroupement d’œuvres, c’est le moyen de produire une pensée, de mettre en dialogue art et idéologie, individualité et mémoire collective ; d’interroger les frontières entre les classifications des genres et des supports.

Une bibliothèque, une discothèque, une vidéothèque sont des collections que chacun traite à l’aune de ses attentes et de ses méthodes de classement. Certains les classent par ordre alphabétique, d’autres par genre, d’autres par la couleur des tranches… Ces options en disent long sur ceux qui les prennent. Il en est de même pour les collections d’œuvres d’art, nous sommes devant des propositions de musée imaginaire qui nous informent autant sur ceux qui les créent que sur les œuvres qui les constituent. En tant que spectateur, il convient de cheminer avec lenteur et respect au cœur d’une collection. C’est une invitation très intime à partager une expérience de vie. Comprendre le murmure et la logique qui président à la collection sont les seuls moyens d’en juger. Ce ne sont pas la succession et la juxtaposition des signatures qui font la magie mais plutôt l’émerveillement de débobiner la pelote d’émotions qui a construit l’ensemble.

Pour la collection Levallois, il n’en va pas de même puisqu’elle n’est pas le fruit d’une seule pensée, ni celle d’un conservateur qui dans un temps long imprime une ligne. Il y a une place laissée au hasard et à ce qui advient. Des centaines de propositions de candidature, sous l’œil attentif d’une direction artistique (régulièrement renouvelée), sont étudiées pour sélectionner quinze finalistes dont les dossiers sont soumis à un jury indépendant (cinq personnalités dont quatre du monde la photographie choisies chaque année par la direction artistique et l’adjoint à la Culture de la ville de Levallois).
De là, un lauréat est désigné et deux ou trois de ses photographies rejoignent la collection.
C’est donc la juxtaposition de décisions artistiques collégiales. Nous sommes devant une collection qui nous donne à voir les émergences générationnelles, celles de la production de jeunes photographes — puisque le prix est réservé aux moins de trente-cinq ans — et celle des sélectionneurs qui se succèdent.

Sans aucun doute il y a là un champ historique et sociologique fascinant, puisqu’il concerne la mise en mémoire, au fil des années, des tendances de la jeune génération de photographes internationaux, choisie par son milieu.
C’est une succession de sujets, de choix esthétiques, de techniques qui marquent leur temps. C’est un document qui, par son mode constitutif, dépose les traces de ce qui le constitue. Cette collection ne représente aucun mot d’ordre, aucun parti pris de chapelle, au fil des équipes qui la pilotent, elle balise un air du temps.
Sa cohérence n’est pas à chercher dans l’évidence d’une ligne sans faille qui en donnerait le cap, c’est une cueillette au gré des tendances, des époques et de ceux qui la vivent. En cela elle peut déconcerter, nous sommes dans un pays cartésien qui aime les règles, et là il n’y en a pas d’apparentes.

Soulignons que depuis quelques années les questions de la collection s’ouvrent. De plus en plus, les musées acquièrent des photographies vernaculaires, celles qui jusque-là n’avaient pas le droit de cité.
L’art dit brut côtoie l’art le plus sophistiqué, le mélange des médiums et des genres s’empare des lieux d’expositions, les arts visuels s’associent aux arts du spectacle pour produire de nouvelles formes. Ce qui fut l’évidence se dissipe et laisse place à d’autres champs d’analyse ; les dialogues plastiques, conceptuels, politiques créent des chimères qu’il faut conserver et penser à partir de nouveaux modèles.
Les prix photographiques, comme le Prix Levallois participent à la formation de cette nébuleuse.
Bien sûr dix ans est un début — début remarquable car il faut les tenir ! — mais il reste que c’est encore jeune. Il faut parier sur une réelle longévité pour imaginer les cinquante ans du prix et aux cours des cinq tomes, ponctuant les décennies, observer les partis pris de chaque génération qui prend à bras le corps son temps. Ce premier recul est l’amorce du principe qui permettra d’avoir en images le déroulé et les mutations du traitement des sujets et du monde par la pensée qui traverse chaque décennie.
Il est vraisemblable que dès lors des pans oubliés de la photographie trouveraient une place, la leur, ni plus, ni moins, à l’exemple de la photographie vernaculaire aujourd’hui dans les musées. Pensons à la diversité du traitement et à la place de la photographie de mariage dans le monde, la photographie médicale et scientifique, la photographie technique, culinaire, de familles… Ces photographies actuellement sur le banc de touche des expositions, ne le resteront peut-être pas à l’infini. Les verrons-nous émerger grâce à ces nouveaux modes de sélection qui caractérisent les Prix ?
C’est un défi, il est bon de rêver."
Jacques Damez - Galerie Le Réverbère 

 

 

IIII Vidéo présentée dans le cadre de l'exposition Prix Levallois, 10 ans ! Une collection photographique

 

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